Ils ont le teint blafard, ils ont l’orbite creuse
Où vit un œil tombé dans l’envers du décor.
Ils ont le ventre sourd au cri de la fortune
Et le sourire ému qui flirte avec les rêves.
Ils ont le cœur qui bat au fil tendu des mots
Et d’une plume tendre, ils font un messager
Portant haut la douleur jusqu’à l’inaccessible,
Idéal partagé qui meurt en bas de page…
Ils errent dans leur vie hantée par le silence,
Parfum des solitaires à la verve bouillante
Qui fait de leurs amours la poésie des autres
Dans un monde de prose aux passions délétères…
Ils sont sages et fous, agitateurs du temps
Qui coule entre leurs doigts en embrassant la rime
Et qui parfois s’arrête au hasard d’hémistiches
Comme on retient son souffle face à l’éternité.
Marie-Agnès Roch
Texte publié dans « L’heure Injuste », recueil collectif, Editions La passe du vent, février 2005