Présentation

Poète, médecin dans le Cantal, Marie-Agnès Roch est née à Montbéliard (Doubs) 
  • Secrétaire Générale de l’Association de L’Ours Blanc (Paris)
  • Membre du comité de lecture des Editions l’Ours Blanc (Paris)
  • Membre du GEM (groupement des écrivains médecins)
  • Sociétaire de la Société des Poètes Français
  • Membre stagiaire de la Société des Gens de Lettres
  • Membre fondateur et Présidente de l’association culturelle Le Texte et l’Homme, éditions de L’Homme Bleu (Aurillac, Cantal) en 2004 (maroch001@wanadoo.fr).
  • Prix de poésie contemporaine 2002 du Salon des Poètes de Lyon 
  • Prix Clément Marot 2003 du Groupement Français des Ecrivains Médecins avec "Souvenirs"
  • Prix Cesare Pavese 2003 du Groupement Mondial des Ecrivains Médecins avec "Jour d’Automne"
  • Médaille de Vermeil 2004 de l’Académie Européenne des Arts de Belgique
  • Lauréate 2004 du Salon des Poètes de Lyon
  • Médaille d'or 2004 de l'Académie de Lutèce (Paris)
  • Prix spécial 2004 pour la poésie libre de l'Académie de Lutèce (Paris)
  • Prix Cesare Pavese 2005 du Groupement Mondial des Ecrivains Médecins avec "Pénélope" (San Stefano Belbo, Italie)
  • Prix Sainte-Victoire 2006 du grand prix de poésie de la Ville d'Aix-en-Provence
  • Prix Clément Marot 2006 du Groupement Français des Ecrivains Médecins
 
Publications :
  • revue « Chemins de Traverse » de l’Association de l’Ours Blanc 2001
  • revue « Mil’Feuilles Par Chemins » revue culturelle du CEPAL 2002
  • revue « Portique » de création poétique, littéraire et artistique (Puyméras) 2003
  • « Trait d’Union poésie » recueil collectif de poésies aux Editions l’Ours Blanc (Paris) 2002
  • « La Mort » recueil collectif de poèmes et nouvelles aux Editions l’Ours Blanc (Paris) 2002
  • revue « Soleils et Cendre » (Avignon) 2003
  • recueil de poèmes « Métamorphose » aux Editions l’Ours Blanc (Paris) 2003 Grand Prix de Poésie 2004 du Concours International de l’Académie Européenne des Arts // Prix Henri Meillant de la Société des Poètes et Artistes de France // Premier Prix 2004 du Salon des Poètes de Lyon
  • recueil collectif de nouvelles « Noël Noir » aux Editions l’Ours Blanc (Paris) 2003
  • revue de l’Association Rouge Gorge  avril et juin 2004
  • « L'heure injuste » recueil collectif de poèmes aux Editions La Passe du Vent (Lyon)
  • "Les îles de l'oubli", M.A. Roch et Bernard Giusti, Editions Les Dossiers d'Aquitaine, 2006
  • plaquette sur le thème "le voyage" association internationale Les Belles Lettres Marseille Edition 2006, 3° prix du concours Les Belles Lettres
  • plaquette du concours de l'association "Poésie du point du jour" éditée par le Lions-Club de Genevilliers
  • revue « Chemins de Traverse » n°29 de l’Association de l’Ours Blanc décembre 2006
    revue "Chemins de Traverse" n°32 de l'Association de l'Ours Blanc juin 2008
    revue "Chemins de Traverse" n°33 de l'Association de l'Ours Blanc décembre 2008

Concours

Dimanche 18 novembre 2007 7 18 /11 /Nov /2007 10:26
Arrêtons-nous ici, sous l’arbre à confidences,
Dont l’écorce est un livre ouvert aux jeunes gens.
Invitons le silence à l’ombre du feuillage
Pendant qu’au loin la pie divulgue notre audace.

L’audace d’entrevoir un jour, une heure, une vie,
Le bonheur au pluriel mis au ban de l’enfance.
L’audace d’espérer survivre au châtaignier
Qui se targue à l’instant, d’abriter nos amours.

L’audace enfin de croire à l’unique mémoire,
Qui sera le berceau de nos enfants d’alors.
La pie aura péri, le châtaignier peut-être,
Et nous serons encore au bras de nos aurores.

Texte publié dans "L'Agora"
Revue de la Socièté des Poètes Français
n° 38, janvier-février-mars 2007
Par Marie-Agnès ROCH - Publié dans : maroch
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Dimanche 15 juillet 2007 7 15 /07 /Juil /2007 17:25
Ils ont le teint blafard, ils ont l’orbite creuse
Où vit un œil tombé dans l’envers du décor.
Ils ont le ventre sourd au cri de la fortune
Et le sourire ému qui flirte avec les rêves.

Ils ont le cœur qui bat au fil tendu des mots
Et d’une plume tendre, ils font un messager
Portant haut la douleur jusqu’à l’inaccessible,
Idéal partagé qui meurt en bas de page…

Ils errent dans leur vie hantée par le silence,
Parfum des solitaires à la verve bouillante
Qui fait de leurs amours la poésie des autres
Dans un monde de prose aux passions délétères…

Ils sont sages et fous, agitateurs du temps
Qui coule entre leurs doigts en embrassant la rime
Et qui parfois s’arrête au hasard d’hémistiches
Comme on retient son souffle face à l’éternité.

Marie-Agnès Roch
Texte publié dans « L’heure Injuste », recueil collectif, Editions La passe du vent, février 2005
Par Marie-Agnès ROCH - Publié dans : maroch
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 17:40
Deux verres vides sur la table,
La porte de la chambre,
Entrouverte.
Le soleil
Nous a vus
A travers le carreau.
Mais la nuit
Le condamne
Au silence.
Et demain,
Nous serons
Déjà loin,
La porte de la chambre
Refermée
Et les verres sur la table,
Rangés.
Personne,
Non personne
Ne croira
Le soleil
Qui dira
Qu’il a vu
A travers le carreau,
La porte de la chambre,
Entrouverte,
Deux verres vides sur une table.

Marie-Agnès Roch
Texte publié dans « Trait d’union » poésies, Editions l’Ours Blanc, mars 2002
Par Marie-Agnès ROCH - Publié dans : maroch
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 13:53
J'ai beaucoup voyagé, assise dans mon fauteuil, au travers de ces gens qui venaient déposer sur le bord du bureau, des morceaux de leur vie. Quelques gouttes de pluie ramenées de la mer, des tranches de soleil dans un regard d'enfant, et le froid de l'hiver dans les cheveux des vieilles. J'ai vu passer le temps que j'ai cru oublier.

J'ai connu la souffrance, assise dans mon fauteuil, mais j'avais mis des gants avant de l'effleurer. Elle ne m'a pas blessée mais elle m'a dérangée. Aussi ai-je dû construire des maisons de papier, pour cacher la douleur et taire les regards. J'ai repeint les volets comme pour m'éblouir et j'ai donné du vent pour un souffle d'espoir, en refermant la porte, pour protéger mon âme.

J'ai enlevé des masques, assise dans mon fauteuil, et j'ai gardé le mien et ses larmes de bois. Mon visage recouvert ainsi n'a pu trahir, qu'il avait un sourire malgré tant de misères.
Je n'ai rien de l'humain, je suis comme les statues au fond des cathédrales, qui forcent à la prière sans jamais y répondre.

Comment pouvais-je penser, assise dans mon fauteuil, qu'on attendait de moi une simple parole? Qu'elle était l'importance de ces mots que l'on dit, parfois sans même y croire mais qui vous apprivoisent ?

J'ai rencontré la mort qui n'était pas la mienne, assise dans mon fauteuil. Malgré tous mes discours, elle s'est montrée fidèle au premier rendez-vous. Elle avait pris ma place, elle tenait dans ses mains toutes mes vanités. J'ai voulu négocier ma bonne volonté, mais elle s'est mise à rire de cette inanité.

J'ai posé mon crayon, j'ai retiré mon masque et puis j'ai tout rangé, les quelques gouttes de pluie, les tranches de soleil, et les cheveux neigeux. J'ai refermé la porte de mon placard à vies, en gardant les morceaux posés sur mon bureau, pour m'en faire un habit.

En bas sur le trottoir, j'ai croisé tous ces gens que j'avais dénudés, souvent à leur insu. Ils ne m'ont pas connue, à visage découvert dans ma nouvelle parure. Pourtant j'avais sur moi un peu de leur souffrance, un peu de leur misère et des larmes amères.
Un jour je reviendrai m'asseoir dans mon fauteuil, pour un dernier voyage...

Marie-Agnès Roch

Texte publié dans « La Mort », recueil collectif de poèmes et nouvelles, Editions L’Ours Blanc (Paris), 130 pages, 11 euros, juillet 2002
Par Marie-Agnès ROCH - Publié dans : maroch
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Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /Juin /2007 17:30
Ballade du généraliste (La)
Un médecin au XX° siècle
Jacques FRANCK
Editions l'Harmattan
Collection : biographie, autobiographie, témoignage, récit santé, médecine
180 pages. 16 euros. mai 2006



Dans son livre « la ballade du généraliste », le docteur Jacques Franck, médecin généraliste du vingtième siècle, emmène le lecteur à la découverte de son art : la médecine de famille. Et quand le lecteur que je suis, est lui-même un médecin généraliste du vingt et unième siècle, son récit prend l’allure d’une page d’histoire avec son lot de nostalgie. Nostalgie d’un passé récent avant l’ère du « doctissimo.com » et avant l’instauration des bonnes pratiques médicales associées au souci d’économie qui certes auront l’avantage de rassurer les patients par l’uniformité de l’exercice mais qui l’auront peut-être un peu dépersonnalisé. Nostalgie d’une époque où le pivot du système de santé était tout naturellement le médecin de famille sans abonnement préalable.
Je m’immerge agréablement dans ces pages comme dans mes jeunes années quand mes vieux confrères me berçaient par leurs histoires de chasse et me donnaient l’envie et la fierté d’assurer leur continuité. C’est avec humour, humeur parfois et avec franchise que Jacques Franck nous parle de son métier, de sa vie tout simplement, car les patients ne nous quittent jamais vraiment même quand la porte du cabinet est fermée. Les petits riens de tous les jours côtoient sans peur les grandes valeurs. Du choix de son médecin qu’on ne fait pas sur une rumeur ou sur les dires de sa concierge, en passant par l’ordonnance qui ponctue l’acte intellectuel et la présumée fortune de la profession, ces petits riens sont écrits et décrits avec un mélange de passion, de tact et de décontraction. Le bonheur est toujours entre les lignes même quand il évoque ses rapports avec la mort de ses patients, cette mort qu’il n’attend pas toujours au bon moment ou qu’il souhaite la meilleure possible ou qu’il pourrait donner à la demande. Il en parle aisément puisqu’il la connaît bien pour l’avoir si souvent vu venir à la rencontre de ces gens qu’il n’a pas pu sauver.
L’humour est au rendez-vous dans le chapitre « sexe » où l’offre peut flirter avec la tentation, où le médecin peut être acteur, observateur, témoin et chroniqueur. Et pour l’heure il est chroniqueur se limitant à conter les frasques de quelque patiente à priori vertueuse ou quelque confrère grisé par un certain pouvoir.
Jacques Franck défend la cause des femmes quand il rappelle à juste titre leur combat pour une vie choisie. Il a été de ceux qui ont connu l’époque des avortements clandestins qui se terminaient mal la plupart du temps. Il s’est penché sur ces femmes agonisantes pour lesquelles la médecine ne devenait alors qu’un pis-aller. Il évoque aussi l’évolution des mentalités qui prenaient du retard sur les progrès scientifiques, la pilule contraceptive étant porteuse à ses débuts de beaucoup de méfiance. Le chemin fut long et difficile pour arriver jusqu’à nos jours où la pilule est devenue à l’évidence de prescription quasi systématique.
Je laisse au lecteur le soin de découvrir le médecin généraliste dans ses activités mondaines, son implication politique parfois et dans ses relations avec les laboratoires pharmaceutiques, sujet souvent soumis à discussion. Là aussi beaucoup de franchise caractérise ses dires.
Pour prolonger la ballade, Jacques Franck nous emmène ailleurs. Il nous plonge dans l’univers de la médecine soviétique au service du public, avec peu de moyens mais avec des hommes et des femmes de bonne volonté, faisant tout leur possible humainement pour parer à la défaillance des techniques. Puis nous changeons de continent pour aller visiter les Etats-Unis avec leur médecine libérale de haut niveau scientifique, moins humaine sans doute et chère car assujettie à l’économie de marché.
La fin du livre est aussi la fin du médecin. Au travers d’exemples successifs et différents de mises à la retraite, Jacques Franck montre les difficultés que le médecin rencontre en quittant ses patients dont il se sent éternellement responsable. Il exprime l’impression de vide, l’impression d’être dévalorisé. La perte du rôle social, le fait de ne plus être indispensable, le téléphone qui ne sonne plus, l’absence des rendez-vous, la disparition du caducée sur le pare-brise de sa voiture… tout cela le plonge d’abord dans une grande nostalgie. Puis le temps faisant son œuvre, cette nostalgie s’estompe et l’ex-praticien se forge une autre personnalité qui n’est plus tout à fait la même ni tout à fait une autre. La mutation est difficile.
Dans un style aux accents de l’authentique, cette ballade a le sens d’un témoignage nécessaire sur une médecine maîtrisée par les médecins. Ceux-ci trouveront ici, par la voix de Jacques Franck, un excellent avocat. La médecine sera toujours ce qu’en feront les médecins.
Marie-Agnès Roch     (01/2007)
Par Marie-Agnès ROCH - Publié dans : maroch
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